Autoformation sur la scoliose idiopathique de l'enfant

Introduction

La scoliose est un terme d’origine grecque signifiant « tordu ou courbé ». Elle aurait été introduite par Hippocrate et utilisée par Galien pour définir une courbure latérale anormale du rachis [1]. La scoliose est définie comme une « déformation tridimensionnelle de torsion de la colonne vertébrale et du tronc », provoquant une courbure latérale dans le plan frontal, mais également une rotation axiale dans le plan horizontal, et une perturbation des courbures normales dans le plan sagittal[2  ,  3 ].

La « scoliose structurale » est responsable d’une gibbosité qui reste un élément pathognomonique de l’examen clinique. Cette dernière doit être différenciée de l’« attitude scoliotique », qui est une courbure rachidienne secondaire à des causes extra-vertébrales comme le raccourcissement d'un membre inférieur ou une asymétrie de tonus musculaire para vertébral.

Certaines scolioses peuvent être secondaires à des pathologies congénitales, à des malformations osseuses (vertébrales et costales) ou encore en lien avec des maladies systémiques ou neuromusculaires comme la maladie de Marfan, la neurofibromatose, ou la maladie d’Ehlers-Danlos.

Cependant, la scoliose idiopathique est d'étiologie inconnue et est probablement multifactorielle [ 4 ]. Diverses hypothèses éthiopathogéniques ont été avancées à savoir A savoir l’hypothèse génétique avec implication de polymorphismes de mmp-3 et il-6[ 5 ], systémique avec implication de la calmoduline [6], Neurologique par dysfonctionnement du système nerveux central, hormonale avec implication de la GH ou encore tissulaire avec des anomalies du tissu élastique [7]. Elle apparaît chez des enfants en bonne santé apparente et peut progresser de manière plus accélérée pendant la période pré pubertaire appelée phase de croissance rapide ascendante selon la courbe de duvalet et beaupére [8]. Durant la période pubertaire, on trouve un sex-ratio (fille/garçon) de 8/1 alors que pendant la période pré pubertaire le sex-ratio (fille/garçon) est de 1 [9]. Un examen clinique complet et approfondi doit être pratiqué de manière systématique afin de ne pas méconnaitre une cause secondaire de la scoliose.

La prise en charge des scolioses idiopathiques de l’enfant a pour but de corriger la posture et de stopper l’évolution de la déformation. Cette prise en charge commence dès la

Pose du diagnostic de la scoliose et comprend un suivi rapproché péri pubertaire des enfants, le traitement orthopédique et traitement chirurgical en fonction de l’âge et du degré de la déformation.

Le traitement chirurgical est indiqué pour les scolioses évolutives ou celles qui présentent des caractères de mauvais pronostic (déformation déjà sévère, forte gibbosité, lordose thoracique, retentissement fonctionnel) [7]. En effet, dans la littérature, environ une scoliose sur 10 évolue au point de nécessiter un traitement orthopédique et une sur 25 nécessite un traitement chirurgical [10].

L’objectif majeur de ce travail est l’amélioration des connaissances sur la scoliose idiopathique. Surtout que certaines études ont montrés que la scoliose idiopathique s’avère un facteur d’altération majeur de la qualité de vie [11].